
Les cuves de teinture des tanneries Chouara, au cœur de la médina de Fès.
⚡ En bref
Pour visiter Fès, comptez deux jours. Le cœur, c’est la médina Fès el-Bali, l’une des plus grandes zones piétonnes au monde, classée à l’UNESCO. À ne pas manquer : les tanneries Chouara, la médersa Attarine, la porte bleue Bab Boujloud et la vue depuis les tombeaux mérinides. Un guide officiel le premier jour évite de se perdre et de tomber sur les faux guides.
Sommaire
- La médina, le cœur de tout
- Les monuments à voir
- Les tanneries Chouara
- Fès el-Jdid, le Mellah et les jardins
- Que faire à Fès en 1 ou 2 jours
- Où manger à Fès
- Où dormir à Fès
- Les excursions depuis Fès
- Faut-il un guide ?
- Les faux guides et autres pièges
- Pratique : arriver et se déplacer
- Préparer sa visite et rester connecté
Fès, c’est le Maroc médiéval resté debout. Là où Marrakech s’est polie pour le tourisme, Fès a gardé sa médina intacte, ses métiers, son labyrinthe. C’est plus brut, parfois plus fatigant, mais c’est ce qui en fait la ville la plus authentique du pays pour beaucoup de voyageurs.
Voici comment l’aborder sans se perdre ni se faire avoir, et ce qui mérite vraiment votre temps. Si vous hésitez encore sur votre itinéraire, notre guide pour savoir où aller au Maroc vous aide à choisir entre le nord, les villes impériales et le désert.
La médina, le cœur de tout
Fès el-Bali, la vieille médina, est classée à l’UNESCO depuis 1981 et compte parmi les plus grandes zones piétonnes au monde : aucune voiture sur 300 hectares de ruelles. Les marchandises circulent à dos de mulet et en charrette. On s’y perd, forcément, et c’est un peu le but.
Contrairement à Marrakech, il n’y a pas de grande place centrale pour se repérer. Le repère le plus utile reste Bab Boujloud, la porte bleue à l’entrée ouest, bleue côté ville et verte côté intérieur. C’est par là qu’on entre, et c’est là qu’on revient quand on est perdu.

Bab Boujloud, la porte bleue : le repère pour entrer dans la médina de Fès.
Les monuments à voir
| Site | Pourquoi y aller | Entrée |
|---|---|---|
| Médersa Attarine | La plus belle école coranique de la ville, stuc et zelliges ciselés. Comptez 30 à 45 min pour la cour, l’étage et la salle de prière | 20 DH, ouvert tous les jours 10h-17h |
| Médersa Bou Inania | La seule médersa-mosquée de Fès, et la plus grande de la ville. Architecture remarquable, encore lieu de culte | 20 DH, 9h-18h sauf vendredi, fermée aux heures de prière |
| Al Quaraouiyine | La plus ancienne université en activité au monde (fondée en 859). Intérieur réservé aux musulmans, mais la bibliothèque restaurée se visite | bibliothèque selon horaires |
| Fondouk et musée Nejjarine | Un ancien caravansérail du XVIIIe siècle, devenu musée des Arts et Métiers du bois. La terrasse offre une vue rare sur la médina | 20 DH, tous les jours 10h-17h |
| Tombeaux mérinides | La meilleure vue panoramique sur la médina, au coucher du soleil | gratuit |
Si vous ne deviez en faire qu’une, ce serait la médersa Attarine pour sa finesse, suivie d’une montée aux tombeaux mérinides en fin de journée. La lumière dorée sur les milliers de toits de la médina, à cette heure, est le meilleur souvenir qu’on rapporte de Fès.
Un mot sur les fondouks, ces auberges de marchands à cour centrale qui ponctuent la médina. Beaucoup abritent encore des artisans au travail. Le plus spectaculaire, le fondouk Nejjarine, a été transformé en musée du bois : trois étages d’objets sculptés à la main, et une terrasse de café d’où l’on embrasse la médina sans la foule des tanneries. Une halte que peu de visiteurs pensent à faire, et qui vaut largement ses 20 DH.
Les tanneries Chouara
C’est l’image carte postale de Fès : les cuves de teinture vues d’en haut, un patchwork d’ocre, de rouge et d’indigo. L’accès aux terrasses qui les surplombent est gratuit, mais il passe par les boutiques de cuir qui les entourent. À l’entrée, on vous tend un brin de menthe : tenez-le sous le nez, l’odeur des peaux est puissante, surtout l’été.
Soyez prévenu : il n’y a pas d’achat obligatoire, mais la pression à la vente est réelle, et un « gardien » réclamera souvent un pourboire. Restez courtois, regardez, et n’achetez que si une pièce vous plaît vraiment, après avoir négocié.

La médersa Attarine, la plus belle école coranique de Fès.
Fès el-Jdid, le Mellah et les jardins
La médina Fès el-Bali n’est pas la seule. À côté s’étend Fès el-Jdid, la « nouvelle » médina fondée au XIIIe siècle par les Mérinides. On y vient surtout pour le palais royal Dar el-Makhzen : on ne le visite pas, mais ses sept portes monumentales en bronze ciselé, encadrées de zelliges, font partie des images les plus photographiées de la ville. On les admire depuis la place des Alaouites.
Juste à côté, le Mellah est l’ancien quartier juif, l’un des plus anciens du Maroc, bâti au XIVe siècle sous la protection des sultans mérinides. Son architecture tranche avec le reste de la médina : balcons ouvragés donnant sur la rue, là où les maisons musulmanes se referment sur leur patio. On y visite la synagogue Ibn Danan et le cimetière juif, d’un blanc éclatant sur la colline.
Entre les deux médinas, le jardin Jnan Sbil est le plus ancien jardin public de la ville. C’est la respiration dont on a besoin après les ruelles : bassins, palmiers, bambous, une roseraie. L’entrée est gratuite, ouvert du mardi au dimanche de 8h à 19h. Une demi-heure ici remet les jambes et la tête d’aplomb avant de replonger dans le labyrinthe.
Que faire à Fès en 1 ou 2 jours
Fès se savoure mieux sur deux jours, mais si vous n’avez qu’une journée, voici comment ne rien rater de l’essentiel sans courir.
| Moment | Jour 1 : le cœur de Fès el-Bali | Jour 2 : médersas, métiers et Fès el-Jdid |
|---|---|---|
| Matin | Entrée par Bab Boujloud, descente de la Talaa Kebira, médersa Bou Inania | Médersa Attarine, fondouk et musée Nejjarine |
| Midi | Déjeuner près de Bab Boujloud | Pause dans une terrasse de la médina |
| Après-midi | Al Quaraouiyine et sa bibliothèque, tanneries Chouara | Fès el-Jdid, portes du palais royal, Mellah, jardin Jnan Sbil |
| Soir | Montée aux tombeaux mérinides au coucher du soleil | Dîner-pastilla dans un riad de la médina |
En une seule journée, gardez le jour 1 et ajoutez la médersa Attarine après les tanneries : c’est dense mais faisable, à condition de partir tôt et de viser Bab Boujloud dès l’ouverture des sites, vers 9h-10h.
Où manger à Fès
Fès est, avec sa cousine impériale Meknès, l’une des grandes cuisines du Maroc. La spécialité à goûter ici, c’est la pastilla : un feuilleté sucré-salé au pigeon ou au poulet, relevé d’amandes et de cannelle. Goûtez aussi le tajine de pruneaux et la harira, la soupe qui ouvre les repas.
- Autour de Bab Boujloud, les petites tables à menu fixe servent un repas correct pour 50 à 70 DH. C’est l’option simple et sûre pour le déjeuner, à deux pas de la porte bleue.
- Café Clock, près de Bab Rcif, est devenu une institution : ambiance décontractée, fameux burger de chameau, pastilla au poisson, et des soirées culturelles. Comptez autour de 80 à 150 DH le plat.
- Café Nagham, à deux minutes de Bab Boujloud, fait une cuisine marocaine soignée dans un cadre charmant, parfait pour un dîner sans chichi.
- Pour un repas dans les règles, les riads-restaurants de la médina servent la pastilla et le tajine dans un patio. Comptez 150 à 300 DH par personne pour un vrai festin, souvent avec musique.
D’une manière générale, un repas dans la médina vous coûtera de 60 à 120 DH, davantage pour un dîner dans un palais. Et n’oubliez pas le verre de thé à la menthe, qui se boit à toute heure.
Où dormir à Fès
Dormez en riad dans Fès el-Bali : c’est l’expérience, et c’est ce qui vous met au cœur de l’action. Comptez de 30 à 120 € la nuit selon le standing, dans une maison à patio. Le taxi vous dépose à la porte la plus proche, et vos bagages finissent à pied ou en charrette, la médina étant entièrement piétonne.
- Autour de Bab Boujloud et de la place Batha : le secteur le plus vivant et le plus pratique pour une première fois, à l’entrée ouest de la médina, proche des cafés et du jardin Jnan Sbil.
- Cœur de Fès el-Bali, vers Talaa Kebira ou le fondouk Nejjarine : on dort au milieu des métiers, on se réveille dans la médina. Plus immersif, un peu plus labyrinthique pour rentrer le soir.
- En lisière de la médina : pour qui préfère un accès voiture plus simple, quelques riads et hôtels bordent les remparts, à quelques minutes à pied des portes.
Demandez à votre riad de vous envoyer quelqu’un à la porte pour le premier soir : beaucoup le font, et ça évite de chercher sa maison dans le noir, valise à la main.
Les excursions depuis Fès
Fès est une excellente base pour rayonner. Trois escapades à la journée valent vraiment le déplacement.
- Meknès et Volubilis : l’incontournable. Meknès, l’autre ville impériale, et les ruines romaines de Volubilis, classées à l’UNESCO, avec un crochet par le village saint de Moulay Idriss. Comptez une journée pleine, 8 heures environ. En transport public, le grand taxi pour Meknès part de Fès pour une trentaine de DH ; en excursion organisée avec transport et guide, prévoyez plutôt 250 à 400 DH par personne.
- Ifrane et Azrou : direction le Moyen Atlas, à 70 km. Ifrane, surnommée « la petite Suisse » pour ses chalets, puis la forêt de cèdres d’Azrou et ses singes magots en liberté, l’une des rencontres animalières les plus fiables du pays. En grand taxi, Azrou est à environ 1 h de route pour 35 DH ; en excursion à la journée, comptez 250 à 400 DH.
- Séfrou et Bhalil, plus confidentiels, à une demi-heure : une petite médina paisible et un village aux maisons troglodytes, pour qui veut sortir des sentiers battus.
Faut-il un guide ?
Pour la première journée, oui, je le recommande franchement. La médina de Fès se perd plus facilement que celle de Marrakech, sans place centrale pour se raccrocher. Un guide officiel vous fait gagner du temps, vous ouvre des portes et vous évite les faux guides.
Comptez 300 à 500 DH la demi-journée pour un guide officiel (porteur d’un badge du ministère du Tourisme). Réservez-le via votre riad, jamais avec quelqu’un croisé dans la rue. Le lendemain, une fois vos repères pris, vous pourrez explorer seul avec une carte hors-ligne.
Les faux guides et autres pièges
Fès a, plus que d’autres villes, une réputation de faux guides insistants. Le schéma classique : un inconnu vous aborde, prétend que « cette rue est fermée aujourd’hui » ou propose de vous montrer un atelier, puis vous mène en boucle jusqu’à une boutique de tapis où il touche une commission, avant de réclamer de l’argent.
La parade tient en trois réflexes : un « la, choukran » (non merci) ferme sans s’arrêter, une carte hors-ligne active sur votre téléphone, et le fait de viser les grandes rues marchandes plutôt que les impasses. Le problème est réel mais gérable, et il ne doit pas vous gâcher la ville.
Pratique : arriver et se déplacer
Bon à savoir : la ligne à grande vitesse Al Boraq ne dessert pas Fès, seulement l’axe Tanger-Casablanca. Vous arrivez en train classique ONCF, avec une liaison Fès-Casablanca en près de 4 h (environ 90 à 100 DH en seconde classe, 6 à 8 trains par jour), ou par l’aéroport Fès-Saïss, à une quinzaine de kilomètres du centre. La gare ONCF se trouve dans la ville nouvelle, à un petit taxi de la médina.
Dans Fès même, la médina se fait uniquement à pied : aucune voiture sur ses 300 hectares. Pour rejoindre les tombeaux mérinides, l’aéroport ou la gare, prenez un petit taxi rouge au compteur. Pour Meknès, Volubilis ou le Moyen Atlas, les grands taxis partent des stations en lisière de ville.
💡 Mon conseil
- Donnez deux jours pleins à Fès, pas un. Le jour 1 pour le cœur de Fès el-Bali, le jour 2 pour les médersas, les métiers et Fès el-Jdid : c’est ce rythme qui révèle la ville sans vous épuiser.
- Si vous ne deviez garder qu’un moment, ce serait la montée aux tombeaux mérinides au coucher du soleil. La médina entière s’allume en doré sous vos yeux.
- Et ne repartez pas sans la pastilla : c’est la signature de Fès, et nulle part on ne la fait mieux.
Préparer sa visite et rester connecté
Dans une médina de 300 hectares sans plan lisible, le GPS et une carte hors-ligne deviennent vos meilleurs alliés, autant pour vous repérer que pour vous passer des faux guides. Réserver un riad, un guide officiel ou un train demande aussi d’être en ligne.
Plutôt que de chercher une SIM à l’arrivée, activez une eSIM Orange Travel avant le départ. Vous êtes connecté dès l’atterrissage, sur le réseau 4G/5G.
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💡 À retenir : profiter de Fès
- Un guide officiel le premier jour : on ne se perd pas et on évite les rabatteurs.
- Tanneries Chouara : accès gratuit par les boutiques, gardez le brin de menthe.
- Montez aux tombeaux mérinides au coucher du soleil pour la vue.
- Face aux faux guides : « la, choukran », on ne s’arrête pas, GPS actif.
- Al Boraq ne va pas à Fès : prévoyez le train classique ou l’avion.
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Questions fréquentes
Combien de jours pour visiter Fès ?
Un jour pour l’essentiel, deux jours pleins pour un bon compromis. Ajoutez un troisième jour pour Meknès et Volubilis.
Faut-il un guide pour la médina de Fès ?
Pour la première journée, c’est conseillé : la médina est un labyrinthe sans place centrale. Comptez 300 à 500 DH la demi-journée pour un guide officiel, réservé via votre riad.
Les tanneries de Fès sont-elles payantes ?
L’accès aux terrasses est gratuit, via les boutiques de cuir. On vous tend un brin de menthe contre l’odeur. Pas d’achat obligatoire, mais attendez-vous à une pression à la vente.
Fès ou Marrakech, laquelle choisir ?
Fès est plus traditionnelle et sa médina mieux conservée, mais plus fatigante. Marrakech est plus animée et accessible, mais plus touristique. Pour l’authenticité, c’est Fès.
Peut-on entrer dans la mosquée Al Quaraouiyine ?
L’intérieur de la mosquée et de l’université est réservé aux musulmans. Mais sa bibliothèque restaurée, la plus ancienne en activité au monde, se visite.
Combien coûte l’entrée des médersas de Fès ?
Comptez 20 DH pour la médersa Attarine comme pour la Bou Inania, et 20 DH également pour le musée Nejjarine. Les médersas ferment aux heures de prière ; la Bou Inania ferme le vendredi.
Que faire en excursion depuis Fès ?
La plus belle est Meknès et les ruines romaines de Volubilis, à la journée. Sinon le Moyen Atlas, avec Ifrane et la forêt de cèdres d’Azrou et ses singes magots. Comptez 250 à 400 DH par personne en excursion organisée.
Quelle spécialité manger à Fès ?
La pastilla, un feuilleté sucré-salé au pigeon ou au poulet, amandes et cannelle, est la grande spécialité de la ville. Un repas dans la médina coûte de 60 à 120 DH, davantage pour un dîner dans un riad-palais.

